Cover du single Manch de Roody Roodboy
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Quelques jours après les funérailles de sa mère, Roody Roodboy a vite repris du service. Étant un artiste qui aime être sous les feux des projecteurs, le protégé de « Gwo Bout Mizik Empire » ne peut pas se payer le luxe d’être signalé par son absence dans le milieu du show-biz haïtien, dont il croit avoir le contrôle. « Game sa se mwen ki kòmande’l », a-t-il scandé dans « Zokoko ».

Comme pour respecter sa promesse, l’auto-proclamé président de la jeunesse vient de s’offrir un nouveau single. Cette fois, c’est avec la collaboration de Franco Love et DeepAct que le fils de Citée Militaire décrit la réalité des ghettos en quatre minutes et huit secondes. « Manch », le titre de la zique, est une peinture de la circulation des armes à feu dans les quartiers défavorisés de la zone métropolitaine de Port-au-Prince.

Sur un beat hardcore du très populaire Haspen, les trois interprètes qui se réclament du ghetto, n’y vont pas avec le dos de la cuillère. Sans fard, ils campent le quotidien des ghettos de Port-au-Prince, où la circulation illégale des armes à feu est monnaie courante. Ce qui a augmenté le taux de criminalité dans ces zones marginalisées, selon l’artiste.

Sur ce nouveau son, Roody Roodboy, Franco Love et DeepAct chantent un phénomène sans cesse grandissant, dans divers quartiers populaires de la capitale. A écouter chaque mesure, chaque verse, on pourrait vite comprendre que les artistes parlent en connaissance de cause.

« Manch » est un texte poignant dont le contenu donne froid dans le dos, toutefois il a le mérite de mettre en lumière une réalité de plus en plus inquiétante. Déjà que le phénomène de la circulation d’armes illégales constitue un gros souci de sécurité en Haïti.


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